JIM… JIM MORRISON – UN POÈME DE GERARD MALANGA (TRADUIT DE L’ANGLAIS PAR HENRIK AESHNA)

Original photos: Jim Morrison by Joel Brodski / Gerard Malanga (Gerard Malanga Archives)
Original photos: Jim Morrison by Joel Brodski / Gerard Malanga (Gerard Malanga Archives)

JIM… JIM MORRISON

On a dit plus d’une fois que Jim a volé mon look,
mes pantalons en cuir, le musc.
J’ai perdu le compte.
mais cela n’est pas vrai. son visage était rond;
les contours du mien plutôt anguleux, si je peux le dire, en y regardant de plus près.
Ses yeux étaient noir irlandais et presque démoniaques.
Les miens sont bleu ciel, bleus jusqu’au bout.
Ils sont perdus dans le vent les mots que ces yeux inspirèrent à Carine Roitfeld sur une scène à Berlin.
Ce truc…, de tomber de l’autre côté….
c’est aujourd’hui le train-train quotidien, mais autrefois une « lutte »
si je compte les décennies écoulées depuis que je l’ai vu pour la dernière fois.
Un jour, il m’a dit quelque chose de très attachant et doux,
et à ce moment-là j’ai su dans mon cœur
que nous serions amis pour toute la vie.
On jazzerait sur la terrasse du Flore en échangeant quelques poèmes
entre un café et un croissant.
On se promènerait le long de la Seine, farfouillant chez les bouquinistes, – gloire lors de ces journées venteuses et froides quand Paris serait au pic de sa solitude.
Il se peut que nous ayons partagé la même muse une fois.

(Traduction: Henrik Aeshna)


Jim… Jim Morrison.

It’s been said more than once that Jim stole my look,

my leather pants, the musk.
I’ve lost count.
But that’s not true. His face was round;

the contours mine more angular, I wanna say,
if you study the photos close enough.
His eyes were black Irish and demonic or nearly so.
Mine are blue sky blue straight on.
What Carine Roitfeld said about them on a sound stage
in Berlin are lost to the wind.
This thing, this …crashing through to the other side…
it’s been the daily grind, albeit a “struggle” decades now
from when I saw him last.
He said something endearing, sweet and I knew
in my heart of hearts we’d be lifelong friends.
We’d shoot the breeze, exchange a poem or two
over croissant coffee at the Flore.
We’d walk the Seine, peruse the books, glory
in those windy chilly days when Paris could be its loneliest.
We may have shared the same muse even, once.

GERARD MALANGA, from Whisper Sweet Nothings & Other Poems (Bottle of Smoke Press, 2017)


Gerard Malanga est né en 1943 dans le Bronx, fils unique d’une famille d’immigrés italiens. Il est poète, photographe, réalisateur et a été de 1963 à 1970 le bras droit d’Andy Warhol, avec qui il crée le magazine Interview en 1969. Il a marqué une grande influence sur les œuvres et films réalisé à la Factory. Le New York Times le qualifie d’ailleurs «d’associé le plus influant de Warhol ».

En plus d’avoir joué dans de nombreux films de Warhol, lui et Andy ont collaboré sur les 500 Screen Tests de 3 minutes qui ont donné lieu à un livre du même nom publié par Kulchur Press en 1967.

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